Les parcelles sont enregistrées au RPG 2022 en tant que :

  • Prairies en rotation longue (6 ans ou plus) et autres prairies temporaires de 5 ans ou moins sur la zone la plus au nord,
  • Prairies en rotation longue (6 ans ou plus) pour la grosse zone au centre.

Les parcelles des îlots les plus au sud/sud-est du projet, ne sont pas inscrites au RPG. Elles seront intégrées durablement à la ferme de Sauvigny au lancement du projet agrivoltaïque.

Les besoins agricoles identifiés

Les deux exploitations agricoles étant organisées sur une base herbagère en zone de sols séchants, elles s’avèrent sensibles à la sécheresse estivale en fonction de conditions de solsce phénomène pouvant s’accentuer au vu de l’évolution du climat sur ces dernières années et des prévisions du GIEC concernant le changement climatique.

Points forts et faibles du site : les limites du contexte pédoclimatique pour la pousse herbagère et une gestion qui s’adapte :

  • Le climat du site
  • Les sols du site
  • Des haies très denses
  • La gestion de l’herbe et du pâturage

Le climat du site

La région de Gourgé est soumise à un climat de type océanique altéré : les écarts de température entre l’hiver et l’été augmentent avec l’éloignement de la mer. Et la pluviométrie est en général plus faible qu’en bord de mer.

La température annuelle moyenne se situe autour de 11.7 °C, mais augmente de 0.3 °C par décennie sur la période d’observation allant de 1957 et jusqu’en 2017 (source : Oracle – 2018).

On observe également une baisse de 1.9 j de gel par décennie depuis 1953, soit près de 10 jours de moins sur la période. En revanche, le nombre de jours estivaux atteint ces dernières années entre 60 et 65 jours, soit 25 jours de plus que dans les années 50. Le nombre de jours chauds a ainsi été multiplié par 1.5 depuis cinquante ans.

Du point de vue de la pluviométrie, la microrégion est marquée par des précipitations annuelles de l’ordre de 750 à 800 mm par an, avec de faibles pluies estivales et une variabilité des précipitations automnales.
Même si les années récentes – en particulier l’année 2018 marquée par une longue sécheresse estivale et automnale – ne sont pas la norme, la baisse des précipitations sur l’ensemble de la région Nouvelle Aquitaine semble assez marquée, avec 6.5 mm de moins par décennie. Parallèlement, en raison de la hausse des températures, l’évapotranspiration potentielle (ETP) annuelle augmente de plus de 31 mm par décennie en Deux Sèvres, soit une augmentation de 150 mm sur cinquante ans.
En résulte que la relative stabilité de la pluviométrie (doublée cependant d’une variabilité interannuelle et spatiale) accompagné d’une hausse de l’ETP moyenne implique l’existence de déficits hydriques accrues au cours de l’année, et notamment au cours de la période estivale.

Le climat local résultant du changement climatique est plutôt favorable à la pousse herbagère, en hiver et au printemps, mais il est très défavorable en été et en début d’automne lorsque la réserve en eau des sols ne s’est pas reconstituée et le déficit hydrique reste élevé.
Un déficit hydrique est la conséquence d’un manque de pluies face à l’évapotranspiration potentielle. Il est observable en été sur toute la microrégion et depuis de longues années. L’intensité du déficit a tendance à s’accentuer avec le changement climatique, même si des variations interannuelles sont également possibles comme ce fut le cas en 2024.
Ces évolutions climatiques ont un impact local sur le développement des cultures (possibilité d’échaudage lors de l’épiaison) mais aussi sur la croissance et le développement des prairies (ralentissement puis arrêt de croissance végétative, flétrissement végétatif et mis en repos des méristèmes). Cela est d’autant plus impactant que les sols sont filtrants (ne retiennent pas l’eau), sont peu profonds (présentant une faible couche arable ou de terre utile) et/ou sableux (faible réserve utile).

Source : Oracle Nouvelle Aquitaine

Les sols du site

Les 40 hectares de prairies devant accueillir le projet agrivoltaïque sont localisés sur la commune de Gourgé. Le siège de la ferme de Sauvigny est situé à 1,5 km au sud-ouest du bourg de Gourgé et celui de la ferme EARL REAU Jean Christophe à 800 m au sud.
Les sols dominants sur cette partie de la commune sont des Brunisols. Ils s’étendent sur des « versants sablo-limoneux à limono-sableux, peu à moyennement profonds, acides et sains sur altérite brun jaune, sablo-argileuse à argilo-sableuse, sur granite blanc massif. » (UCS 148 selon l’étude réalisé par la CRA Poitou Charentes).
On y retrouve trois types de sols en ordre de présence décroissante : des brunisols oligosaturés d’altérites à leucogranite, des rankosols de leucogranite et des brunisols luviques de leucogranite.
Les sols de cette UCS se développant sur une altérite sableuse jaunâtre (granite) ont une texture limono-sableuse, avec une capacité faible à moyenne de rétention en eau – en fonction notamment de l’épaisseur de la partie superficielle humifère (Horizon 0). Ils présentent une profondeur variable, de peu profond (rankosol) à profond (brunisol). Leur capacité d’infiltration de l’eau est élevée mais leur réserve utile (texture majoritairement sableuse) est faible, notamment lorsqu’ils sont sans présence de matière organique.

Sources : Géoportail et GIS Sol / CRA Nouvelle Aquitaine

Des haies très denses traduisant une recherche de résilience

Les Infrastructures agroécologiques (haies) présentes sur le site traduisent l’effort des éleveurs dans la recherche de résilience des prairies sur ces zones séchantes. La haie constitue un élément de régulation climatique fort pour l’infiltration de l’eau et le contrôle de l’ETP, tout en permettant d’adapter l’élevage plein air en périodes difficiles : apport d’ombrage aux animaux en été et protection des vents et des pluies en période pluvieuses. Nicolas PAILLIER a planté en 2019 plus de 1 500 m de haies.
Toutefois, ces haies ne suffisent pas à protéger efficacement les prairies. Les épisodes de sécheresse et de chaleur ont un impact négatif considérable sur les prairies ainsi que sur les animaux : perte de fourrage, mise à nue de sol, température inconfortable pour les animaux, croissance des animaux ralentie et reproduction affectée, etc.
Aujourd’hui, Nicolas PAILLIER et Jean-Christophe souhaitent garantir durablement la résilience fourragère de leurs exploitations avec l’agrivoltaïsme pour continuer à nourrir leurs animaux à l’herbe. C’est la motivation première qui les poussent à s’engager dans cette démarche. Dans les motivations complémentaires, apparaît la possibilité de mettre en place l’agnelage en plein air, impossible à l’heure actuelle avec les risques de prédation. La protection des zones retenues pour le projet agrivoltaïsme par des clôtures adaptées permettra de réduire considérablement les risques de prédation des agneaux par les renards. Jean-Christophe pourra également améliorer sa production de luzerne qui sera protégée d’un rayonnement et d’une évapotranspiration trop importantes.

Une gestion de l’herbe et du pâturage adaptée

L’environnement local de l’élevage ovin sur la ferme de Sauvigny est marqué par une bonne portance des sols tout au long de l’année mais est également très sensible au déficit hydrique estival, ce qui limite les pousses d’herbe aux périodes allant de janvier à juin puis d’octobre à décembre. L’élevage ovin pratiqué est ainsi basé sur un agnelage de printemps et d’automne/hiver (avec mise en lutte en octobre). Il est essentiellement pâturant, avec des parcelles gérées en priorité par un pâturage tournant au printemps ou semi-fixe (automne-hiver) et cela depuis plusieurs années. Il y a également une période courte de mise en bergerie lors de l’agnelage.
Ce type de gestion de l’élevage ovin permet d’avoir des temps de repos entre chaque pâturage de 40 jours (printemps) à 120 jours. Cela assure à chaque tour de pâturage une offre suffisante et permet un maintien relatif de l’état des prairies.

Les prairies sur la ferme de Jean-Christophe REAU sont gérées en conduite de type « full grazing » : la taille des lots d’animaux sur chaque parcellaire est adaptée à la disponibilité fourragère et à la pousse herbagère en vigueur ; l’alimentation des animaux est réalisée par distribution de foin lorsque les périodes de pousse sont insuffisantes par rapport à la présence animale.7 à 8 hectares de l’exploitation sont cultivés avec de la luzerne depuis plusieurs années. Cependant depuis 2017, les rendements fourragers obtenus sur cette culture sont en baisse et semblent fortement affectés par les variations climatiques. La ferme réalise des achats complémentaires de foin et paille pour subvenir au besoin malgré la surface fourragère en vigueur sur l’exploitation.